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Vous louez un appartement meublé et vous vous demandez ce que vous pouvez vraiment déduire des impôts ? Taxe foncière, intérêts d’emprunt, frais de comptabilité, travaux, amortissement du bien… autant de charges déductibles en LMNP qui peuvent ramener votre revenu imposable à zéro, voire générer un déficit reportable sur plusieurs années. On fait le point complet, mis à jour pour 2026.

Ce qu’il faut retenir

  • Seul le régime réel permet de déduire vos charges réelles en LMNP, le micro-BIC se limite à un abattement forfaitaire (50 % ou 30 % selon le type de bien).
  • Au régime réel, toutes les charges déductibles en LMNP liées à l’exploitation du bien sont imputables sur vos revenus locatifs : intérêts d’emprunt, taxes, assurances, travaux, frais de gestion…
  • L’amortissement du bien et du mobilier est un levier fiscal supplémentaire, distinct des charges courantes : il réduit votre résultat imposable sans décaissement réel.
  • Un déficit LMNP généré par les charges est reportable pendant 10 ans sur vos revenus de location meublée non professionnelle.
  • La loi de finances 2025 et la loi Le Meur ont modifié certaines règles, les déductions restent pleinement opérationnelles en 2026.

Micro-BIC ou régime réel : quel impact sur vos déductions fiscales ?

Avant de lister les charges, voici un point essentiel : votre capacité à déduire dépend entièrement du régime fiscal choisi pour votre location meublée non professionnelle. Pour plus de détails, consultez notre comparatif du régime micro-bic vs réel.

CritèreMicro-BICRégime réel
DéductionAbattement forfaitaire uniquementCharges réelles + amortissements
Seuil (meublé classique)83 600 €/anAucune limite
Seuil (meublé de tourisme non classé)15 000 €/anAucune limite
Déficit possible ?NonOui, reportable 10 ans
ComptabilitéAucune obligationLiasse fiscale 2031/2033 obligatoire

Micro-BIC : un abattement simple, mais figé

Au micro-BIC, vous ne déduisez aucune charge réelle. L’administration fiscale applique un abattement forfaitaire fixe sur vos recettes :

  • 50 % pour le meublé classique (location longue durée ou meublé de tourisme classé) avec un plafond à 83 600 € de recettes annuelles
  • 30 % pour les meublés de tourisme non classés depuis la loi Le Meur 2024, avec un plafond abaissé à 15 000 €

Ce régime est simple à gérer, mais rarement optimal : si vos charges réelles dépassent ces abattements, ce qui est quasi systématique avec un emprunt en cours, vous payez plus d’impôt que nécessaire.

Régime réel : le choix optimal pour déduire ses charges LMNP et réduire ses impôts

Le régime réel est presque toujours plus favorable dès que vos charges réelles + amortissements dépassent 50 % de vos revenus locatifs. En pratique, c’est le cas dès que vous remboursez un crédit immobilier ou que vous avez réalisé des travaux.

Exemple concret : pour un studio loué 9 600 €/an, avec 4 200 € de charges réelles et 4 800 € d’amortissements :

  • Au régime réel → résultat imposable : 600 €
  • Au micro-BIC → résultat imposable : 4 800 €
  • Économie d’imposition estimée : environ 1 900 €/an au TMI 30 %

Les 3 conditions pour qu’une charge soit déductible (article 39 CGI et BOFiP)

Au régime réel, toute charge déductible doit remplir 3 critères cumulatifs selon l’article 39 du Code général des impôts :

  1. Engagée dans l’intérêt de l’exploitation : la dépense doit être directement liée à votre activité locative meublée, les dépenses personnelles sont exclues.
  2. Justifiée par une pièce comptable : conservez factures, reçus et relevés bancaires pendant 6 ans minimum (10 ans pour les livres comptables).
  3. Comptabilisée dans le bon exercice fiscal : la charge s’impute sur l’année où elle est engagée, pas sur celle où elle est payée.

⚠️ Les charges récupérables sur le locataire (eau, entretien des parties communes refacturé…) ne sont pas déductibles : elles sont compensées par un remboursement du locataire.

Quelles sont les charges déductibles en LMNP au régime réel ? La liste complète

Voici les grandes catégories de dépenses imputables sur vos revenus locatifs. Chaque charge doit être justifiée et rattachée directement à votre bien.

liste charges déductibles lmnp

Intérêts d’emprunt et garantie : un poste de déduction majeur

Les charges financières liées à votre financement immobilier constituent souvent le montant de déduction le plus élevé, notamment les premières années du prêt :

  • Intérêts du crédit immobilier contracté pour l’acquisition du bien.
  • Assurance emprunteur (décès, invalidité, incapacité de travail).
  • Frais de dossier bancaire et honoraires de courtier.
  • Garantie d’emprunt : hypothèque, caution (ex. Crédit Logement), privilège de prêteur de deniers (PPD).
  • Frais de tenue de compte bancaire dédié à l’activité LMNP.

💡 À retenir : seuls les intérêts sont déductibles, jamais le remboursement du capital. Sur une mensualité de 800 € composée de 200 € d’intérêts et 600 € de capital, seuls 200 € sont déductibles.

Taxes et impôts fonciers liés à la location

Plusieurs impôts locaux sont intégralement déductibles de vos revenus locatifs :

⚠️ Ce qui n’est pas déductible : l’impôt sur le revenu (IR), les prélèvements sociaux (CSG/CRDS) et la taxe d’habitation si elle est due par le locataire.

Assurances

Toutes les primes d’assurance liées à votre bien sont déductibles, sans seuil d’amortissement :

Charges de copropriété

Seule la partie non récupérable sur le locataire est déductible. Voici ce qui entre, et ce qui n’entre pas, dans vos charges déductibles applicables :

  • ✅ Charges courantes d’entretien, de syndic, d’ascenseur, de ménage des parties communes…
  • ✅ Quote-part des travaux votés en AG (ravalement, toiture…)
  • ❌ Fonds de prévoyance, fond de roulement, fonds travaux ALUR → ces provisions ne sont pas déductibles tant que les travaux ne sont pas réellement effectués

Travaux d’entretien et de réparation

Matériaux, outils, main d’oeuvre… En matière de travaux, la règle clé : 500 € HT (soit 600 € TTC) est le seuil qui distingue une charge immédiate d’une dépense amortissable :

  • Dépenses < 500 € HT (plomberie, électricité, peinture, petites réparations…) → déductibles immédiatement.
  • Travaux d’amélioration > 500 € HT → à amortir sur plusieurs années selon leur nature.
  • Entretien courant (chaudière, VMC, remplacement à l’identique…) → déductibles en charges.

⚠️ Les travaux de construction ou d’agrandissement ne sont jamais déductibles en charges, ils s’amortissent obligatoirement.

Déduction des frais comptable et autres frais de gestion

Tous les frais liés à la gestion courante de votre activité sont déductibles, sans seuil d’amortissement :

  • Honoraires d’agence immobilière (mise en location, gestion locative courante).
  • Frais d’expert-comptable ou de cabinet comptable spécialisé LMNP, intégralement déductibles.
  • Logiciel de comptabilité LMNP.
  • Frais de diagnostics immobiliers (DPE, amiante, électricité…).
  • Honoraires d’avocat ou de conseil fiscal.
  • Frais de publication d’annonces (Leboncoin, PAP, Airbnb, SeLoger…).
  • Frais postaux, papeterie, abonnements professionnels liés à l’activité.
  • Adhésion à un organisme de gestion agréé (OGA).

Internet, essence et autres frais de déplacement

Si la gestion de votre bien vous demande des déplacements, ces dépenses sont déductibles :

  • Essence et frais de carburant : déductibles via le barème kilométrique BIC (ex. : 3 000 km × 0,636 €/km pour un véhicule thermique 5 CV = 1 908 € déductibles) ou via les frais réels, mais pas les deux simultanément.
  • Péages, parking, billets de train, hébergement lors de déplacements professionnels (visite du bien, états des lieux, suivi de travaux).
  • Abonnement Internet du logement loué, courant en location saisonnière.
  • Téléphone : quote-part professionnelle justifiée si usage mixte.

⚠️ Chaque déplacement doit être justifié (date, destination, motif). Un carnet de bord simple suffit.

Vaisselle, ménage et fournitures (surtout en location saisonnière)

Pour les meublés de tourisme, des dépenses spécifiques viennent s’ajouter aux charges classiques :

  • Produits ménagers, produits d’accueil, café, thé, consommables…
  • Vaisselle, petite literie, petits équipements < 500 € HT → déductibles directement en charges l’année d’achat.
  • Frais de conciergerie et de ménage entre les séjours.
  • Linge de maison (draps, serviettes) si fourni par le propriétaire.

🎁 Besoin d’un récap à portée de main ? Téléchargez notre liste des charges déductibles en LMNP au format PDF.

Frais de notaire et frais d’acquisition : déductibles ou amortissables ?

Les frais engagés lors de l’acquisition du bien méritent une attention particulière. Vous avez le choix entre deux traitements fiscaux :

  • Déduction immédiate en charges : frais de notaire (~7-8 % dans l’ancien), honoraires d’agence à l’achat, frais de caution… réduisent votre résultat dès la 1ère année et peuvent générer un déficit reportable.
  • Amortissement sur la durée du bien : l’avantage fiscal est lissé dans le temps.

💡 La déduction immédiate est souvent plus avantageuse la 1ère année, notamment si vous avez d’autres dépenses importantes lors de la mise en location.

⚠️ Condition clé : votre date de début d’activité déclarée sur l’INPI doit correspondre à la date d’acquisition du bien pour que ces frais soient déductibles — même si les premiers locataires n’arrivent que plusieurs mois plus tard.

L’amortissement LMNP : la déduction qui ne coûte rien

L’amortissement est la grande spécificité de la location meublée non professionnelle, et son levier fiscal le plus puissant. Il traduit la perte de valeur progressive du bien, sans aucune sortie d’argent supplémentaire pour vous. Chaque année, une fraction de la valeur totale du bien vient s’imputer sur vos revenus locatifs.

Ce qu’on peut amortir en LMNP :

  • Le bâti (hors terrain — le terrain n’est jamais amortissable, il représente en général ~15 % de la valeur totale).
  • Le mobilier et l’électroménager.
  • Les travaux de rénovation d’amélioration (> 500 € HT).
  • Les frais d’acquisition si vous choisissez de les amortir plutôt que de les déduire immédiatement.

Durées d’amortissement des meubles et composants du bien

Chaque composant du bien est amorti selon sa durée de vie estimée :

ComposantDurée d’amortissement
Gros œuvre (structure)30 à 40 ans
Toiture25 à 35 ans
Réseaux (plomberie, électricité)25 à 30 ans
Aménagements intérieurs12 à 15 ans
Travaux de peinture10 ans
Mobilier (canapé, table, literie…)5 à 10 ans
Électroménager5 à 8 ans

💡 Exemple : pour des aménagements intérieurs de 34 000 € amortis sur 12 ans → 2 833 €/an déduits de vos recettes locatives, chaque année pendant 12 ans. Sans dépenser un centime supplémentaire.

Ce que l’amortissement ne peut pas faire

  • L’amortissement ne peut pas créer de déficit (article 39 C du CGI). Sa déduction est plafonnée à la différence entre loyers perçus et autres charges déductibles de l’exercice.
  • En revanche, l’excédent d’amortissement non déduit est reportable sans limite de durée sur les prochaines années — contrairement au déficit sur charges, qui lui ne se reporte que sur 10 ans.

Déficit LMNP : que faire quand les charges dépassent les loyers ?

Si vos charges déductibles (hors amortissements) dépassent vos recettes locatives, vous générez un déficit LMNP. C’est une situation courante et fiscalement avantageuse les premières années d’exploitation.

Exemple : 10 000 € de loyers − 12 000 € de dépenses déductibles = 2 000 € de déficit → zéro imposition sur vos revenus locatifs cette année, et 2 000 € reportés sur les recettes meublées des prochaines années.

  • Le déficit est reportable pendant 10 ans sur vos revenus de location meublée non professionnelle.
  • Il ne s’impute pas sur votre revenu global — contrairement au déficit foncier de la location nue.
  • Il peut s’accumuler d’une année sur l’autre et se consomme progressivement dès que votre activité redevient bénéficiaire.

Comment déclarer ses charges déductibles pour les déduire de ses revenus locatifs meublés ?

Au régime réel, la déclaration LMNP de vos charges déductibles passe par une liasse fiscale spécifique, différente de la déclaration classique des revenus fonciers :

  • Formulaire 2031 + annexes 2033 à télétransmettre à l’administration fiscale avant la date limite annuelle.
  • Tenue d’une comptabilité en partie double obligatoire.
  • Chaque charge doit correspondre à une facture ou un justificatif référencé et conservé.

Les revenus locatifs issus du LMNP au régime réel sont déclarés dans la catégorie des BIC (bénéfices industriels et commerciaux) — et non dans les revenus fonciers réservés à la location nue.

💡 Cette déclaration est plus technique qu’un simple formulaire. Utiliser un logiciel de comptabilité LMNP comme Amarris Solo, qui reporte automatiquement vos dépenses déductibles dans votre déclaration fiscale, vous facilite grandement la tâche. Et ses frais de souscription sont, rappelons-le, intégralement déductibles de vos recettes locatives.

ℹ️ Pour ceux qui se lancent en LMNP et voudraient simuler leur résultat imposable à partir de leur situation particulière, nous vous invitons à bénéficier d’un rendez-vous conseil gratuit avec un expert de l’immobilier locatif.

#FAQ

Question fréquentes sur les charges déductibles en LMNP

Les charges récupérables sont celles que vous refacturez à votre locataire : eau, entretien des parties communes, ordures ménagères (TEOM)… Elles ne sont pas déductibles pour vous en tant que propriétaire, car elles sont compensées par le remboursement du locataire.

Rien de spécifique : au micro-BIC, l’abattement forfaitaire (50 % ou 30 % selon le type de bien) remplace toutes les déductions. Vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles en supplément. C’est la limite principale de ce régime.

Oui. Vous avez le choix : déduction immédiate en charges (souvent avantageuse la 1ère année pour créer un déficit reportable) ou amortissement sur la durée du bien. Condition impérative : votre date de début d’activité déclarée sur l’INPI doit correspondre à la date d’acquisition du bien, même si la mise en location intervient plus tard.

Oui, si l’ordinateur est utilisé pour gérer votre activité de location meublée (comptabilité, échanges locataires, gestion des annonces…). Si l’usage est mixte, seule la quote-part professionnelle est déductible. Au-dessus de 500 € HT, il devra être amorti plutôt que passé en charge immédiate.

Pour calculer la quote-part de charges déductibles liée à la location d’une partie de votre résidence principale, vous devez appliquer un prorata basé sur la surface louée. Divisez la superficie dédiée au locataire par la surface totale du logement. Ce pourcentage s’applique ensuite à vos dépenses communes : taxe foncière, intérêts d’emprunt, assurances et abonnements (Internet, électricité).

L’amortissement du bâti suit la même règle de proportionnalité, permettant de réduire votre imposition tout en conservant l’usage privé du reste du bien.

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